Carmen, Aurora, Maria Pons Peidró et Eugenia

Carmen
se souvient

Carmen Llorens Pons avait neuf ans lorsque la guerre a séparé sa famille. Son récit replace Emilio là où les documents administratifs se taisent : dans la maison, sous les bombes, au moment du départ et dans l’étreinte des retrouvailles.

1927—2012Carmen Llorens Pons8 chapitresrécit annoté

Une petite-fille écrit,
une grand-mère raconte

La guerra y la abuela a été rédigé par Maria Sanz Ruiz à dix-huit ans, comme travail de fin de lycée, à partir des conversations avec sa grand-mère. Maria explique que Carmen l’avait élevée depuis son enfance et qu’elle voulait préserver pour toujours leur histoire et le temps passé ensemble.

01
Barcelone · 1936

Le départ vu depuis le balcon

« Yo tenía 9 años. Estábamos las tres hermanas en el balcón cuando mi padre nos dijo que se iba voluntario. »

Le récit commence avec Carmen enfant, auprès d’Eugenia et d’Aurora. Emilio passe d’abord par Sant Andreu, puis par une « caserne de Tarragona », avant d’être envoyé sur la côte.

02
Calella · 1936–1937

Vivre au pied du phare

« Mi madre alquiló una casa en Calella para estar cerca de mi padre, que vivía en el faro. »

Maria obtient un congé de l’usine et part avec ses trois filles et Rosa Peidró. Carmen se souvient des files pour la nourriture, des alertes et de son père qui apporte parfois de quoi manger.

03
Refuge de La Granja

Voir le visage du pilote

« El avión pasó tan bajo que vi la cara del piloto. Nos ametrallaba mientras corríamos para escondernos. »

Une attaque commence avant que la famille n’atteigne l’abri. Les enfants et les adultes se plaquent sous les balcons. Cette vision, raconte Carmen, ne l’a jamais quittée.

04
La Sagrera · retour à Barcelone

La guerre entre l’usine et les voies

« Vivíamos entre la Hispano Suiza y las vías del tren. Cuando sonaban las sirenas corríamos a refugiarnos. »

Le manque d’argent force la famille à revenir. Maria reprend le travail à « La Xarxa », l’usine de filets Hijos de Gabriel Julià. Carmen évoque aussi l’abri d’une fabrique de savon près de leur logement.

05
1938–1939

L’Èbre, puis la disparition

« Cuando volvió nos dijo que destruyéramos todo lo que pudiera comprometernos. Después se marchó hacia Girona. »

Carmen situe son père sur le front de l’Èbre. Il revient brièvement avant l’entrée des troupes franquistes, demande à Maria de détruire les papiers compromettants, puis repart avec un jeune auxiliaire. La famille reste sans nouvelles pendant de longs mois.

06
France · 1939–1945

Une lettre de la Croix-Rouge

« Supimos por la Cruz Roja que había llegado a Francia, que estuvo en Argelès y después cerca de París haciendo carbón. »

Le récit parle d’environ dix mois à Argelès, puis d’un travail d’abattage et de charbon de bois près de Paris. Les photographies dédicacées aux Écrennes en 1942 et à « Chevry » en 1945 donnent deux repères matériels.

07
Barcelone · 1939–1949

Tenir sans le salaire du père

« A mi madre la echaron de La Xarxa por ser la mujer de un rojo. Limpiaba, vendía cosas por la calle y los burots se las quitaban. »

Maria perd son emploi pendant environ neuf mois, travaille au nettoyage et survit grâce au petit commerce. Elle est ensuite réadmise à l’usine. Carmen se marie avec Andreu Sanz Oliva en août 1948 et choisit de rester à Barcelone.

08
Béziers · vers 1951

Se reconnaître après douze ans

« Subió al tren en Béziers y miró todos los compartimentos hasta encontrarme. Nos abrazamos y no podíamos hablar. »

Carmen voyage avec son mari et leur fils Emili. Emilio monte dans le train, cherche sa fille et la reconnaît malgré les années de séparation. Elle lui rendra ensuite visite en France avec sa propre famille.

Ce que la mémoire nomme — et ce que l’enquête nuance

« Canarias »

Le véritable croiseur opérait sur la côte du Maresme en 1937. Son rôle dans la scène précise racontée par Carmen n’est toutefois pas démontré.

« les quinze ans du Biberón »

Aucun garçon de quinze ans n’a été officiellement mobilisé ; les plus jeunes avaient dix-sept ans.

« Seine-Maine »

La forme correcte est Seine-et-Marne, confirmée par Les Écrennes et le dossier mexicain.

« Chevry »

La lecture de la dédicace est certaine. L’identification de la commune ne l’est pas.

La grève Pegaso

Le conflit de mai 1962 est le meilleur correspondant : grève le 14 mai, fermeture patronale annoncée le 22 et quatre licenciements.

Lire le témoignage original

Neuf pages en espagnol, avec les photographies choisies par la famille et la nécrologie d’Emilio.

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